Gestion d'espaces naturels par le CPIE Médoc

 

 

 

 

Le CPIE Médoc gère depuis 2006, directement ou en assistance aux propriétaires, un ensemble de zones humides représentant aujourd’hui plus de 1 200 ha à la Pointe du Médoc.

 

Ces zones humides sont situées sur les sites des Marais du Conseiller, de Neyran et des Mattes de Paladon.

 

Pour plus d'informations, vous pouvez télécharger notre plaquette sur les marais maritimes de la Pointe du Médoc.


Le Marais du Conseiller

Les marais du Conseiller s’étendent à perte de vue, sur plus de 700 ha. Entre bassins salés, autrefois utilisés pour la production de sel et aujourd’hui pour la production de gambas et d’huîtres, et prairies humides où pâturent vaches et chevaux comme dans une petite Camargue, ils offrent des paysages très ouverts avec peu de haies et d’arbres. L’eau y est omniprésente, dans de grands bassins ou de petites mares, emprisonnée entre les chenaux ou s’étalant librement dans les prairies. On y retrouve de nombreuses espèces d'oiseaux comme le canard colvert, le héron cendré ou le chevalier cul-blanc.

Armoise maritime (Artemisia maritima)
Armoise maritime (Artemisia maritima)

Site acquis par le Port de Bordeaux pour y installer des activités industrielles qui ne s’y sont jamais développées, les marais du Conseiller sont aujourd’hui un lieu important pour les activités agricoles raisonnées. Visibles depuis les voies de circulation, ils sont la porte d’entrée du Verdon mais également du terminal à conteneurs de la zone portuaire. Les nombreux chasseurs de gibier d’eau y sont installés en bordure d’estuaire et profitent de la proximité des vasières et des prés salés.

 

Les chenaux saumâtres serpentent au milieu des bassins accueillant sur leurs berges une végétation spécifique : obione, salicorne, inule ou encore armoise maritime, qui habille le marais de couleurs argentées. L’Armoise maritime est une plante protégée en Aquitaine, et les marais du Conseiller sont une des rares stations connues au sud de l’Estuaire de la Gironde. Cette plante de couleur gris-argenté se rencontre en France uniquement sur le littoral Atlantique, le long des chenaux. Elle fleurit en septembre et embaume le marais avec son parfum entêtant.

Une difficile reconquête de l'hydraulique

Depuis 2007, le CPIE gère les 655 ha des Marais du Conseiller appartenant au Grand Port Maritime de Bordeaux. Il s’appuie pour cela sur un « Plan de gestion » prévoyant les actions à mettre en œuvre, parmi lesquelles la réhabilitation du réseau hydraulique. Durant plusieurs décennies les Marais du Conseiller n’ont fait l’objet d’aucune gestion adaptée. Créés par l’homme, leur fonctionnement nécessite une présence constante, faute de quoi l’envasement progresse, faisant peser sur les habitations riveraines un risque d’inondation important. L’installation d’ouvrages hydrauliques adaptés, puis leur manipulation et leur surveillance régulières permettent aujourd’hui une gestion hydraulique a minima de la zone. Mais des travaux de plus grande importance de curage des chenaux et bassins favoriseraient l’accueil de la faune aquatique qui vient se nourrir et grandir à l’abri du marais mais également les activités aquacoles raisonnées (production de gambas, d’huîtres, de palourdes) traditionnellement développées sur ce type de milieu.


Neyran et les Mattes de Paladon

Les Mattes de Paladon, propriété du Conservatoire du Littoral, abritent des terres argileuses gagnées sur l’Estuaire de la Girondeles polders. Ces terrains, très plats, sont situés en bordure de l’estuaire de la Gironde. La digue côtière constitue l’unique point de vue permettant d’appréhender l’ensemble de la palette paysagère du site.


Ce sont de grands espaces cultivés, les mattes, avec des parcelles larges qui se succèdent, dégageant des perspectives très lointaines mais systématiquement fermées par la digue côtière. Les motifs verticaux (arbres isolés, bosquets…) prennent une grande importance dans cette entité marquée par une forte horizontalité. Les zones de cultures sont parcourues de fossés de drainage ajoutant encore à la géométrie du lieu.

 

Les palus ou prairies humides quant à elles, alternent talus et dépressions humides quelquefois structurés par des haies de tamaris. Tantôt embroussaillées, tantôt pâturées, ce sont des zones plus favorables à la biodiversité.

Ophrys de la passion(Ophrys passionis)
Ophrys de la passion(Ophrys passionis)

Le site des Mattes de Paladon joue un rôle essentiel dans l’accueil d’oiseaux lors des haltes migratoires durant les périodes printanières et automnales, ainsi qu’en hivernage. Ces qualités proviennent en particulier du contexte géographique (proximité de la pointe de Grave) ainsi que du maintien d’un système bocager. Les nombreuses mares situées dans le site, creusées par l'impact d'obus lors de la seconde guerre mondiale, abritent plusieurs espèces d’amphibiens comme le Triton marbré et le Pélodyte ponctué.


Le marais de Neyran, zone conchylicole, est caractérisé par de grands bassins saumâtres entre lesquels se trouvent des bossis principalement occupés par des arbustes.

 

Sur les secteurs en jachère et le long de la digue estuarienne, 5 espèces d’orchidées se développent dont la rare Ophrys de la passion (Ophrys passionis). Cette orchidée aime les milieux secs et bien ensoleillés. Son nom fait référence à la fête de Pâques, époque de sa floraison.

Agriculture et gestion environnementale

En 2011, le Conservatoire du Littoral, établissement public ayant pour objectif l’achat de terres en vue de les soustraire à l’urbanisation, a délégué la gestion de ses terrains situés à Soulac-sur-mer et à Talais au CPIE Médoc. Ces terrains font l’objet d’un plan de gestion que le CPIE est chargé de mettre en œuvre sur le terrain et qui doit concilier la nature des activités sur le site (cultures principalement) et les enjeux de préservation de la biodiversité. Outre une participation active aux  groupes de travail nécessaires à la rédaction du plan de gestion, le CPIE anime depuis 2014 des réunions de réflexion sur les capacités d’évolution des activités céréalières sur les terrains du Conservatoire, réinstaure un lien avec les chasseurs sur ce territoire et relance avec le Conservatoire, aux travers d’ambitieux travaux de restauration (restauration de marais, plantation de haies, transition des cultures en prairies) des activités douces comme la conchyliculture ou le pâturage.
La présence de garde du littoral (agent assermenté et qualifié en matière de police de l’environnement) permet de pérenniser ce dialogue permanent, de sensibiliser aux enjeux de préservation de ce territoire usagers et décideurs et d’assurer un respect des règles d’une utilisation raisonnée des espaces publics.